Lors du dernier conseil municipal, le groupe des écologistes a voté contre la convention avec Arto ?

Tout d’abord, dire que ce vote n’a rien à voir avec notre appréciation d’Arto qui est une association dont nous reconnaissons la compétence, l’originalité et le sérieux.

Notre vote contre est sur le fait que nous ne voyons pas de raisons majeures de supprimer la gestion publique de la culture et notamment du centre culturel. Rien n’est expliqué et tout a été fait dans la plus grande opacité. Les groupes minoritaires n’ont jamais été associés à la réflexion et aux échanges antérieurs.

Mais cette solution ne peut-elle pas ouvrir de nouvelles perspectives pour la culture ?

A notre connaissance, depuis de nombreuses années, personne ne s’est plaint des professionnels du centre culturel ou de la médiathèque, dont il faut saluer l’engagement. Avant tout, c’est le portage politique qui pèse dans le dynamisme d’une politique publique. De plus, il y a toujours moyen de construire des partenariats entre système public et initiatives citoyennes et associatives. Là on remplace, avec une facilité déconcertante et sans concertation avec les intéressés, les associations culturelles et les citoyens, la gestion publique par une gestion privée, même si elle est par essence non lucrative. Arto devient maitre des lieux, de notre bien commun !

Pourquoi ne pas faire confiance à une association ?

Il ne s’agit pas de confiance mais bien d’une question démocratique. Les associations et plus largement les structures de l’économie sociale et solidaire participent à l’intérêt collectif et général. Pour autant, les rapports entre associations et collectivités sont très réglementés. Il faut d’ailleurs distinguer le soutien à une demande de financement d’une commande publique. Dans le cas d’Arto, il y a un mélange de genre qui de notre point de vue est flou juridiquement : gestion de fait, contournement des règles de la gestion publique, conflits d’intérêts, choix orienté du bénéficiaire, … Signalons aussi que le maire a laissé les représentants d’Arto intervenir pendant le débat du conseil pour défendre leur position, ce qui est totalement illégal et entache la délibération !

Mais que proposez-vous ?

Garder en gestion directe municipale le centre culturel et constituer un comité de gestion et d’animation élargi à toutes les associations culturelles de la commune. Nous aurions alors un modèle réel de coopération bien équilibré, où chacun joue son rôle, dans la clarté, la transparence et l’équité de traitement … C’est pas très compliqué à mettre en œuvre, rodé dans de nombreuses villes et très efficace. La modernité est là. Créer une alliance objective entre commune et associations, au service de la population. Elle n’est jamais du côté de ceux qui détruisent le service public !

Publié dans La Dépêche du 31 Juillet 2019 : https://www.ladepeche.fr/2019/07/31/elus-ecologistes-defendre-le-service-public-de-la-culture,8339473.php